vendredi 10 avril 2015

POÉSIE

Charles Baudelaire


Maurice Carême





Mon oncle

  Blaise Cendrars

 

Îles

Îles

Îles
Îles
Îles où l’on ne prendra jamais terre
Îles où l’on ne descendra jamais
Îles couvertes de végétations
Îles tapies comme des jaguars
Îles muettes
Îles immobiles
Îles inoubliables et sans nom
Je lance mes chaussures par-dessus bord car je voudrais
bien aller jusqu’à vous
Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924
 
Liberté 

 Laissez dormir l'enfant qui dort 

Laissez courir l'enfant qui court 

Laissez rire l'enfant qui rit 

Laissez croire l'enfant qui croit 

Laissez partir l'enfant qui part

La terre est rouge
Le ciel est bleu
La végétation est d’un vert foncé
Ce paysage est cruel dur triste malgré la variété infinie
des formes végétatives
Malgré la grâce penchée des palmiers et les bouquets
éclatants des grands arbres en fleurs fleurs de carême



Gérard de Nerval

Avril
Déjà les beaux jours, - la poussière,
Un ciel d’azur et de lumière,
Les murs enflammés, les longs soirs ; -
Et rien de vert : - à peine encore
Un reflet rougeâtre décore
Les grands arbres aux rameaux noirs !

Ce beau temps me pèse et m’ennuie.
- Ce n’est qu’après des jours de pluie
Que doit surgir, en un tableau,
Le printemps verdissant et rose,
Comme une nymphe fraîche éclose
Qui, souriante, sort de l’eau.

Paul Éluard





Jacques Prévert

 



L'hiver
Dans la nuit de l'hiver 
Galope un grand homme blanc 
Dans la nuit de l'hiver 
Galope un grand homme blanc 
C'est un bonhomme de neige 
Avec une pipe en bois, 
Un grand bonhomme de neige 
Poursuivi par le froid. 
Il arrive au village. 
Voyant de la lumière 
Le voilà rassuré. 
Dans une petite maison 
Il entre sans frapper ;
 Et pour se réchauffer, 
S'assoit sur le poêle rouge, 
Et d'un coup disparaît. 
Ne laissant que sa pipe 
Au milieu d'une flaque d'eau, 
Ne laissant que sa pipe, 
Et puis son vieux chapeau.


Le cancre

 

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.
 
Raymond Queneau 



Paul Verlaine


Victor Hugo

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